Institut Universitaire
de Formation des Maîtres
de l'Académie de Créteil

Patrick Binisti, formateur pour l’ASH à l’IUFM de l’UPEC

 

Patrick Binisti

«Interactions entre professeurs et élèves porteurs de troubles de la communication et du langage : étude de la mise en place des formats de Bruner comme leviers de transformation des représentations au sujet des élèves autistes».

 

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On considère généralement que la caractérisation première des troubles envahissants du développement (TED) est une perturbation de l’interaction sociale. Celle-ci se traduit en particulier par une altération des échanges verbaux et non verbaux, altération qui a un impact sur la qualité de la communication interindividuelle. Or, une situation d’apprentissage est avant tout une situation de communication avec autrui. Une perturbation de cette dernière oblitère la capacité du sujet-apprenant à attribuer un sens à ce type de situation, et par conséquent à élaborer un système de compréhension des enjeux dialogiques de la transmission de connaissances et/ou du développement de ses capacités cognitives. De ce fait, le sens premier des énoncés du professeur n’atteint pas toujours l’élève qui présente des TED, et le laisse parfois perdu dans un pseudo-échange pédagogique de plus en plus anxiogène pour les deux partis en présence.
Cette contribution, basée sur une recherche impliquée et sur l’exploration régulière d’interactions verbales et non verbales opérées avec des élèves autistes, pose l’hypothèse que la notion de format (Bruner, 1985[1]) peut être un outil conceptuel pour donner aux situations d’enseignement-apprentissage la clarté cognitive nécessaire au développement de compétences pragmatiques qui permettent à leur tour les apprentissages scolaires. Il s’agit d’être attentif à des actes de communication non conventionnels, mais réels, qui peuvent être un levier d’échanges emprunts de significativité. Or, pour ouvrir un tel espace de possibles, une pratique professionnelle basée sur un postulat d’éducabilité communicationnelle et cognitive nécessite dans sa construction une redéfinition des représentations sociales qu’un professionnel de l’éducation peut développer au sujet des capacités d’apprentissage des élèves autistes.

L’articulation de ces représentations et de l’élaboration de critères d’observation relève de deux champs. Il s’agit de la linguistique et tout particulièrement des fonctions langagières développées par R. Jakobson (1973), de l’énonciation théorisée par E. Benvéniste (1974) et A. Culioli (1990), ainsi que de la pragmatique modélisée par Oswald Ducrot (1972) et Austin (1970). Le deuxième champ est celui de la psycholinguistique qui s’intéresse aux mécanismes de réception et de production du langage oral et écrit. Ces paradigmes trouvent leur cohérence dans une étude qui veut positionner les acteurs comme sujets et prendre en compte les interactions comme expression de l’intersubjectivité.

 


[1] Bruner J. (1987). Comment les enfants apprennent à parler, collection « Actualités pédagogiques », Paris : Retz, édit. orig. 1983, Child's talk: Learning to use language, New-York : W.W. Norton & Company Inc.


  

  

Contenu de la page mis à jour le : 13 Juin 2012